Bienveillance et réseaux sociaux

Larousse: Bienveillance n.c.f

  • Disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui : Interroger des candidats avec bienveillance.

Si nous nous en tenons à la première définition de la bienveillance donnée à le Larousse, être bienveillant se résumerait à prendre en compte chacun des avis d’autrui sans les juger et avec indulgence. L’indulgence n’est pas toujours bienveillante, parce qu’on peut prendre son public clairement pour un âne ou pour quelqu’un d’éclairé.
Toujours est-il que la personne malveillante serait celle qui juge et qui ne fait pas preuve d’indulgence.

Certains réseaux sociaux sont facilement manipulables et d’autres ne le sont pas du tout. Facebook propose des possibilités de discussions sans limite alors que twitter nous oblige à résumer nos idées en 140 caractères. Autrement dit, c’est impossible de tenir une discussion cohérente sur twitter sans y laisser quelques plumes.

Vous m’expliquerez alors comment on peut faire preuve de bienveillance sur un réseau social qui vous permet de vous exprimer en 140 caractères. Personnellement, je n’ai pas encore réussi. Par contre, twitter, vous permet de juger, de lapider, de trainer dans la poussière bon nombre de vos contacts quasi inconnus ou pas.

Vient alors le problème des clans. Nous arrivons dans un shémas ou votre Time Line se divise en deux: ceux qui sont pour un avis et ceux qui sont contre. Le juste milieu n’existe pas. Pas de gris, pas d’avis partagé sur twitter ou tu pers tes os et tes plumes.

Alors, comme me disait un ami, les réseaux sociaux doivent rester des lieux de divertissement et pas des lieux de discussions sans fin, incohérentes et terriblement violentes.

Ces derniers temps ma TL s’est divisée en deux: une pro-adultère, et une anti-adultère. J’avoue que dans un milieu comme celui dans lequel je navigue, je suis un peu étonnée d’avoir lu des avis aussi tranchés. Les débats ont duré trop longtemps, pas d’arbitrage possible, des relances improbables au moment ou tout semblait s’apaiser.
Tout ceci sous couvert de bienveillance.
J’ai devant moi et ce depuis plusieurs semaines, un champ de bataille avec des petits relents de rancoeurs qui réapparaissent de temps à autres.
Alors, je vous demanderai de réfléchir à votre comportement sur les réseaux sociaux, rappelez-vous:
– la definition de la bienveillance?
– pourquoi en êtes-vous arrivés à tourner le dos à vos amis?
– auriez-vous agi avec autant de force et de violence si vous aviez parlé IRL?
– qu’est devenu ce lieu de divertissement?

 

 

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5 commentaires sur “Bienveillance et réseaux sociaux

  1. Merci pour ce texte.. Oui, bienveillance.. Un joli mot, très en vogue et pourtant toujours aussi mal compris. Décrié par ceux qui le confondent avec « complaisance », proclamé par d’autres comme un appel à la compassion, pour ma part j’ai trouvé un mot qui m’aide à garder le cap de la bienveillance : « constructif » 🙂

    1. Exactement, complaisance est le terme approprié. Mais que cela ne tienne, personne, je dis bien personne ne prend assez de recul pour juger ses propres paroles ou propres mots. Nous sommes tous plus ou moins acteurs et victimes de notre spontanéité et manque de recule face à certains sujets.
      Le problème majeur est les dégâts quelle occasionne. Personne ne voudra avouer qu’il a été trop loin ou pas assez.
      Je reste persuadée, que les mêmes discussions IRL ne prendraient pas la même tournure.

  2. Puisque j’étais un des acteurs principaux de cette longue joute twitterienne, je me permets de répondre à ton billet (que je découvre tardivement, vacances obligent) par quelques éléments de réflexion.
    Pour commencer, je ne crois pas avoir été « pro-adultère » ; je défendais seulement l’idée que l’adultère n’était pas *nécessairement* un acte de lâcheté ou d’infantilisation de l’autre.
    Si mon intention initiale était d’abord d’amener autrui (des personnes que j’estimais ouvertes d’esprit) à faire preuve de plus de nuance dans leur jugement tranché, le format Twitter a effectivement rapidement tendu le débat et je veux bien croire que j’ai parfois abandonné la bienveillance qui, généralement, m’anime.

    On m’a reproché (et même si je sais que tu étais plutôt supportrice de mon « camp » – j’emploie à dessein ce terme qui rappelle la guerre même si je te sais pacifique – je vois pointer un reproche dans ton billet) d’avoir relancé le débat qui s’était calmé ; ce qui s’est passé, c’est que j’ai justement voulu sortir de la logique « Twitter » en prenant le temps de rédiger un billet posé sur mon blog, j’espérais (naïvement) que le débat pourrait se poursuivre en commentaire (Aude Là a été la seule « opposante » à le faire) mais en fait les réactions ont repris sur Twitter. En mode Twitter.
    Et j’ai continué à battre le fer parce que j’estimais que c’était un combat important.

    Qu’est-ce que je retiens de tout ça, quelques semaines plus tard, maintenant que la tension est retombée ? J’ai pris des coups (symboliques), j’ai été bloqué / unfollowé par des personnes que j’appréciais (je pense surtout à Lisa), j’ai lu au moins un message d’une personne qui laissait penser à son intention de passer à l’acte violent physique, je n’ai convaincu personne qui ne l’était déjà et je n’ai vu personne non plus s’exclamer « ah mais oui bon sang, ils ont raison » et rejoindre le camp adverse ; je me demande ce qu’il va m’arriver à ma prochaine apparition à l’apéro d’Olivier (m’attendra-t-on avec des tomates et des quolibets ?).

    Je me sens celui qui, par son opiniâtreté, a jeté la discorde dans un groupe uni ou tout le monde cohabitait paisiblement, malgré des conceptions finalement incompatibles de la relation de couple.
    Je n’arrive pas à le regretter.
    Plusieurs fois, lors du débat, j’ai appelé à en discuter « autour d’un verre », car comme tu le dis, je ne suis pas sûr que les mêmes propos auraient été tenus en « live » (y compris de ma bouche), et je serai même partant pour un débat à un apéro ! Mais je ne crois pas que la proposition intéresse ; la voix dominante est maintenant la tienne : tenons-nous en au « divertissement » !

    1. Je suis assez aterré que cela soit allé jusqu’aux menaces de violences physiques ! Au delà de l’aspect de fond sur le débat sur l’adultère, je pense que ce genre d’évènement montre sur la forme que les réseaux sociaux et plus particulièrement twitter ne peuvent être le lieu de débat de fond ou plutôt ne peuvent pas être l’unique lieu de débat.

      Ce qui me choque le plus aujourd’hui, c’est que malgré un débat qui maintenant date de près de deux mois, les ressentiments ne semblent pas encore retombés, et je suis étonné d’en voir (et subir accessoirement) les conséquences. Pour avoir discuté récemment avec des gens que tu cites dans ton commentaire, j’ai ressenti presqu’une chasse à l’homme envers certaines personnes et envers leurs soutiens et cela même jusque dans l’analyse des FAV et des unfollow et autres histoires de bloquages.

      Personnellement, la vision du milieu poly/libertin et sa sacro sainte ouverture d’esprit en ont pris un grand coup. J’ai vu aussi l’intérêt du sexe passé au delà des relations humaines (mais c’est bien connu le sexe et l’argent font tourner le monde). Je pense que malheureusement toutes ces personnes ont perdu pied de la réalité et se sont engouffrées dans le bashing ordinaire des réseaux sociaux. Je pense qu’en effet un débat ou des mots autour d’un verre auraient été salvateurs, même si personnellement je suis trop éloigné pour le faire facilement.

      J’espère pour toi que tu seras bien accueilli pour tes prochaines soirées et que la vraie vie reprendra le dessus sur cette vie virtuelle qui sur certains aspects peu déformer bien des choses. Pour ma part je pense qu’une reconstruction ici ou ailleurs me permettra de tourner définitivement cette page.

  3. Mon pauvre CUI, très sincèrement, tu étais loin d’être la cible de ce message et tu ne fais pas partie des gens que j’y évoque. Je crois que nous en avons parlé en message privé et je ne t’incrimine pas. D’autre part, tu n’es pas le point de départ de la discussion.

    Ayant été supportrice de ton camp sans être toujours d’accord avec toi -mais nous sommes des adultes capables de parler sans être désagréables-, je ne te remets pas en cause. D’une part, parce que j’ai une idée de ton cheminement sur lequel nous ne reviendrons pas ici mais aussi parce que tu n’as pas relancé des débats de façon intentionnelle, mesquine et juste pour taper sur les twittos*as.
    Je dénonce les personnes qui se sont acharnées sans réfléchir, sans prendre du recul.

    D’autre part, nous pourrions appliqué ce billet à bien d’autres sujets qui sont débattus (ou battus) sur twitter.

    Je suis attristée de la tournure des évènements, je suis quasi persuadée que les participants de cette conversation ne t’attendront pas avec des tomates mais je ne serai pas là pour le voir… En tout cas, j’espère pour toi qu’ils seront plus intelligents IRL.
    Aujourd’hui, j’ai également été bloquée par des contacts que j’appréciais énormément, j’en ai bloqué d’autres -que j’ai cotoyé intimement- qui ont écrit des mots extrêmement violents et insupportables pour moi.

    Ce que j’ai appris:
    – on ne peut visiblement pas être neutre dans de telles situations et quelque soit le camp choisi, la lapidation virtuelle est la seule issue.
    – les réseaux sociaux déforment et font ressortir les caractères faussement doux de personnes profondément agressives. Je les plains, elles sont justes tristes.
    – il faut parfois monter des murs pour se protéger. Je ne sais pas comment tu gères tout ceci, mais chez nous les dommages ont été irrémédiables et moralement difficiles à supporter.
    – j’ai besoin de tourner la page, faire une pause concernant twitter-libertin, l’intolérance libertine, ma vie libertine.

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