Joueuse aussi avec une plume

Généralement lorsque que je vais voir un film tiré d’un livre, j’essaie de lire le livre avant. D’une part parce que j’aime être dans l’ambiance et d’autre part parce que je ne veux rien raté dans la compréhension du sénario.

Pour La Vénus à la Fourrure, j’ai d’abord lu le livre. J’avoue que les premières pages ont été difficiles à lire, je n’ai pas lu de texte de ce type depuis un long moment. Après avoir lu le livre, j’ai relevé un p’tit défit et me voilà partie dans une petite explication de texte entre libertinage et BDSM.

Voilà ce que ce la peut donner. Attention, d’une part, je ne suis pas une spécialiste en BDSM, ni une spécialiste en Littérature. Ce n’est que mon point de vue plus ou moins tronqué après une seule et unique lecture de l’oeuvre. je vous recommande toute de même le film, j’ai beaucoup aimé.


Compte rendu La Vénus à la Fourrure. 

La mise en abîme 
Dès le début du livre, l’auteur nous plonge dans un monde qui peut nous paraître irréel. Le personnage principal : Séverin est présenté comme un homme hyper-sensible, fétichiste des statues grecques depuis la plus tendre enfance. Au delà ce cette passion pour l’esthétisme grecque, il va cultiver un amour démesuré pour le Sadomasochisme. Il vit sa première expérience via sa tante (relation incestueuse puisqu’il éprouve un plaisir proche du plaisir sexuel). Séverin ne pourra aimer qu’en position d’esclave. Il a en tête l’image de la Vénus en fourrure, et chacune des femmes avec lesquelles il vivra une expérience sado-maso portera cette fourrure : la tante, la statue à qui il voue un amour impossible et viscérale et enfin, Wanda qui va vite remarquer l’excitation montante de Séverin chaque fois qu’elle en est vêtue. Elle lui fait même remarquer et s’engage à porter une fourrure à chaque séance. Elle sera son seule habit pendant la scène de la peinture.

La notion de Libertinage, l’évolution de Wanda: de la femme à la Maîtresse. 
Séverin se pose en Libertin. Mais Wanda est-elle libertine ? Le sadomasochiste tel qu’il est présenté ici est une forme de libertinage sans échange de soumis à Maître. Les deux partenaires jouent ensemble dans une sorte de couple infernal. Dans le texte, il me semble de seul Séverin est libertin. Wanda se découvre une passion pour le fouet, mais elle réfute son intérêt vers ce courant à plusieurs reprises tandis que Séverin est profondément et viscéralement sadomasochiste. Elle joue pour faire plaisir à Séverin. Avant de considérer Séverin comme son esclave, elle passe par plusieurs étapes. Elle l’appelle tantôt Séverin – esclave jusqu’à lui retirer son identité en l’appelant Grégoire -moment ou Séverin est considéré comme domestique en société et comme esclave en privé-, de même Séverin l’appelle successivement Wanda, Madame puis Maîtresse. A ce moment, on arrive au point culminant de leur relation. Mais Wanda se dit frivole et infidèle. C’est à travers un contrat écrit elle qu’elle récupère sa liberté: elle s’octroie le droit d’être aimée par des adorateurs. Séverin, lui, ne lui demande rien en retour, d’ailleurs Wanda, lui expliqu’il n’a rien à lui demander. La relation se transforme en relation à sens unique : il lui doit tout (son amour et même sa richesse). Wanda sait au fond d’elle que ce contrat sera sa seule porte de sortie dans cette relation. Séverin, lui, est tellement épris de Wanda, qu’il lui donnera même droit de vie ou de mort physique.

La Faiblesse affective de Séverin
Séverin est un dilétant. La seule chose qu’il approfondira dans sa vie sera sa relation avec Wanda. Il vivra passionnément à travers les yeux verts de cette jeune femme et ses caprices. Séverin accepte l’humiliation, le mépris et les coups de la Maîtresse, mais il refuse l’infidélité de la femme. Dans le texte, c’est le seul point qui lui apporte à la fois douleur et perte de confiance au personnage principal. L’évocation de l’infidélité de Wanda est le fil conducteur qui raccroche le lecteur à la réalité et qui ramène le soumis à sa condition d’homme amoureux.

Quid de l’amour dans cette relation sado masochiste.
Les deux protagonistes se sont-ils réellement aimés. Je pense finalement que oui, mais leur relation dépasse de loin les relations classiques entre amoureux. L’auteur nous plonge dans un amour plus cérébral ou la violence physique est l’engrais des sentiments éprouvés par Séverin. Séverin aime éperdument sa Maîtresse, il apprécie la femme. Elle ne le traite pas comme un homme mais comme une chose, un jouet. Wanda, elle, se découvre un tempérament impitoyable qui va crescendo jusqu’au moment ou elle remet son fouet au personnage « le Grec » pour fouetter Séverin. Ce dernier geste permettra à Wanda de tuer l’amour de Séverin sans le tuer physiquement. Elle sait que son esclave lui a accordé un droit de mort. Elle ne souhaite pas le voir mourir d’un coup de couteau. Elle préfère rompre le contrat en le transgressant. Ils avaient indiqué que Séverin serait l’esclave unique de Wanda et de personne d’autre. Or elle donne le fouet à un Homme qui la désire. Séverin est doublement tué, d’abord par la violation du contrat, d’autre part, par l’infidélité de Wanda. La passion amoureuse telle qu’elle est décrite ici se rapproche de «la passion en tant que douleur et mise à l’épreuve».

Le fouetté devient fouetteur
Séverin sera qualifié de Switch. Dans le livre, iI passe successivement d’esclave à Maître, de soumis à dominant. Il connaît les sentiments éprouvés par ses soumises. Il est amer, pour lui tant que la femme ne sera pas éduquée elle restera l’ennemi de l’homme, tout comme un animal ne devient l’ami de l’homme qu’une fois domestiqué.

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