Lectures d’été : les Biscuitières, Esparbec.

Les vacances sont enfin arrivées et généralement, j’en profite pour lire tranquillement sur la plage des ouvrages plus ou moins sages. Cette année, je me suis fiée aux recommandations de Camille Emmanuelle : une chroniqueuse au Nouvel Obs, et j’ai choisi sans doute l’ouvrage le plus sage : Les Biscuitières D’Esparbec.

Pourquoi ce livre ? Tout simplement parce qu’il était disponible en format électronique (rapide à obtenir: tout le monde sait que je ne suis pas hyper patiente), facilement transportable à la plage sur son mobile (merci Kindle) et facile à lire incognito (quand on a des enfants, ça peut faire la différence).

Je viens de finir cet ouvrage ce soir. Je ne m’attendais pas du tout à ce contenu là. Si vous n’avez pas peur de lire le pire du pire  du sexe sans sentiment, allez y ! Autrement, je vous conseille de passer votre chemin.
Je crois que tout y est abordé: la domination, l’humiliation, le viol, le déflorage forcé, les relations bisexuelles, la zoophilie, la sodomie sur fond de biscuiterie …

Esparbec, de son vrai nom Georges Pailler, est un écrivain français qui écrit de la littérature pornographique, sûrement trop « trash » à mon goût. Il met en scène, dans son roman, des jeunes filles de 16 ans. Il plonge le lecteur dans une ambiance assez dérangeante, très spéciale. C’est certainement une volonté de l’auteur et il le fait remarquablement bien.
D’un chapitre à l’autre, vous passez de la pure excitation (dont vous pouvez avoir honte) à l’envie soudaine de fermer le livre tellement ce qui est décrit vous choque. J’ai eu plusieurs fois le coeur au bord des lèvres mais je l’ai fini. Je ne pense pas que je le relirai.

En dépit de son côté très dérangeant, je le classe dans les bons livres et je laisse le bénéfice du doute à son auteur. Je me pencherai plus tard sur d’autres de ses ouvrages.

En attendant, place aux BD sages, j’ai besoin d’un peu de répit.

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11 commentaires sur “Lectures d’été : les Biscuitières, Esparbec.

  1. Bonjour et..bonnes vacances
    Les themes abordés dans ce livre comme la zoophilie, le viol( ma femme l’a été) font qu’il ne fera jamais partie de mes lectures
    amicales pensées
    juju051

  2. Esparbec est, en quelque sorte, l’héritier de Pierre Louÿs. Son érotisme est très cru (la couleur est annoncée, on lit un « roman pornographique ») et finalement, il faut savoir, je crois, prendre du recul par rapport à l’outrance des situations de même qu’on ne prête qu’une attention lointaine au scénario des films X.
    Évidemment, on est en droit d’attendre autre chose d’un roman, et la Femme de papier devrait, à cet égard, vous changer les idées même si certaines des lettres qui composent cet ensemble de nouvelles sont, elles aussi, très crues.

    Je me souviens ne pas avoir fini « Trois filles de leur mère » de Pierre Louÿs, avec un sentiment d’écœurement (« too much ! ») qui ne venait pas de l’âge volontairement choquant des protagonistes.

    1. Bonsoir,

      Ce n’est pas le côté cru qui m’a dérangé, mais effectivement, un trop plein.
      Il est clair qu’il écrit très bien, mais il y a des passages que j’ai eu du mal à lire, notamment quand il s’agit d’aiguilles et de pénis. Peut être est ce parce que j’atteins mes propres limites via cette lecture ? je ne sais pas.

      A bientot

  3. Hello,
    Il faut savoir qu’Esparbec a écrit une autobiographie (« le pornographe et ses modèles », édité à la Musardine) dans laquelle il raconte qu’à partir de 13 ou 14 ans, il couchait régulièrement avec sa mère, c’est-à-dire presque tous les après-midis après le café… Il raconte aussi que celle-ci mettait en place quelques jeux un peu tordus (du genre, elle faisait aussi l’amour avec son compagnon, exprès, sous les fenêtre du jeune Espabec, pour entretenir une sorte de rivalité amoureuse entre lui et son beau-père).
    Bref… avec cette enfance là, une relation « consentie » et « mise en place par sa mère », on a, certainement (j’imagine) une autre vision des tabous.
    C’est vrai que le viol, et surtout, surtout, surtout, l’amour avec de très très jeunes filles (12-13-14 ans) sont totalement banalisés dans les livres d’Esparbec. L’inceste est aussi présent dans quasiment tous ses livres, ainsi que l’amour entre frères et soeurs.
    Camille
    http://libertinage-paris.blogspot.fr/

  4. Peut être peut on faire le parallele avec DAF Sade, en particulier les 120 jours de Sodome. Tant qu’on reste choqué par ce qu’on y lit, c’est que l’on n’est pas encore libertin (ie libéré de ses principes moraux, religieux … selon la définition de libertin de Sade) ? les pires outrages ne sont qu’un pretexte pour s’interroger sur ce qui nous defini. (précision, je n’ai pas lu le livre d’Esparbec, je lance simplement cette idée parce qu’elle a changé ma lecture des oeuvres de sade)

    1. Bonjour Emmanuel,

      Je ne suis pas d’accord avec vous. Il s’agit là de mes limites qui sont plutôt larges à mon sens. Mon mari et moi même sommes libertins mais comme tout le monde, nous avons des limites. Les miennes peuvent sembler basses, soit, mais elles sont bel et bien là.

      Si je passe 80% de mon temps de lecture à m’arrêter et me dire : ok, on continue quand même, c’est que l’ouvrage ne me convient pas.

      Je me projète dans mes lectures, là, je n’ai pas pu me projeter à 100%, mes limites étant vite atteintes.
      J’en conclue que les écrits d’Esparbec sont certainement très bons, mais ils ne me conviennent pas.

      A très bientot,

      Flo

  5. Cher Emmanuel,
    Désolé si vous prenez un peu pour les autres mais votre commentaire fait suite à une série de propos lus çà et là sur ce que « doit » être le « vrai » libertin(age) et le premier principe dont je me prévaux (sans savoir si je suis un vrai libertin, il est vrai) c’est la tolérance envers autrui, leurs choix, et pourquoi pas, leurs tabous.
    Cela étant dit, je suis d’accord avec l’essentiel de votre propos. Je crois juste qu’il est difficile – voire illusoire – de vivre sans principes, d’où qu’ils viennent, et je ris toujours au nez de ceux qui se prétendent « sans tabou » (j’ose espérer qu’ils en ont). J’ai fixé mes limites de ma tolérance, en matière de sexualité, aux relations « entre adultes consentants » (j’inclue la zoophilie dans le lot parce que je fais peu de cas du libre arbitre chez les animaux – mais ce point est déjà discutable – mais j’exclue le viol et la pédophilie).
    Si certains prennent leur pied en se faisant torturer ou en torturant, pourquoi pas (ce qui ne veut évidemment pas dire que ça me tente), je leur concède cette liberté.
    Je n’ai pas lu « Salo (…) » mais j’en ai vu l’adaptation cinématographique de Pasolini et, clairement, cela dépassait les limites de ce que je peux supporter. Je n’étais pas choqué. J’étais écœuré. Ça m’est arrivé également en lisant « Trois filles de leur mère » de Pierre Louÿs. J’avais passé outre le fait que certaines protagonistes n’avaient que 12 ou 13 ans (affranchi de mes principes moraux, donc, conformément à votre définition) mais j’avais fini par abandonné ma lecture avec un sentiment de trop-plein, d’écœurement donc, avec le sentiment que l’auteur déployait tous ses efforts pour choquer (ou montrer que, lui, ne connaissait aucune limite).

  6. Cher cui, m inclure dans un débat sur le vrai libertin (ou le vrai maître d ailleurs) serait purement vain tant ce type de réflexions m ennuie.

    Je ne faisai qu essayer de proposer une contextualisation possible au propos de l auteur, les pratiques de chacun ne m intéressent absolument pas, je ne me permettrai encore moins de les juger. Désolé que mes propos aient pu donner cette impression.

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