Les fins n’en sont pas toujours.

Dans le monde poly, on ne parle pas souvent de ruptures mais quasi toujours de joie, bonne humeur, petits bonheurs au quotidien. Or, parfois certaines histoires poly s’achèvent, certaines dans le respect, d’autres dans le non-respect.

En discutant avec mon ex-amant, je partageais l’idée suivante: « On lui répondra que les ruptures poly se passent mieux que les monos :« . En écrivant ces mots, j’étais vraiment sûre de moi. C’est alors que sa réponse m’a surprise : » menteuse ! 🙂 » m’a-t-il repondu.

Mon point de vue est sûrement tronqué parce que la rupture précédente a été entâchée de mots très durs, d’échanges de SMS douloureux. Cette fois, je trouvais que les choses se passaient nettement mieux, des larmes, de l’amertume bien sûre, (ce n’est jamais drôle) mais dans le respect le plus complet. Nous en avons parlé et il m’a une fois de plus ouvert les yeux.

Ce n’est pas parce qu’une histoire est terminée que:

  • je dois être affublée de noms d’oiseaux
  • qu’on doit se hurler dessus par sms.

Globalement, le respect  et la bienveillance sont importants et si ton amant-e réagit aussi mal devant un: « c’est terminé », c’est qu’il/elle n’en valait pas la peine. S’ils sont encore présents quand le binôme se sépare, c’est un gage de qualité pour tous les moments qui ont été vécus. Personnellement, je n’éprouve aucun regret de ce que j’ai vécu au contraire.
J’ajouterai pour ma part, ce n’est pas parce qu’une histoire est finie:

  • qu’on ne doit plus se parler (je ne supporte pas le silence, c’est une chose qui m’a toujours fait souffrir, un petit reliquat d’enfance)
  • qu’on ne peut pas garder une forme de tendresse ou d’amitié
  • qu’on ne doit plus se voir

D’une part, certaines fins en sont (et heureusement), d’autres peuvent doucement se transformer en autre chose de plus doux, une forme d’amitié câline. C’est assez difficile à expliquer ou à concevoir et je peux le comprendre. Chacun pose ses limites.
D’autre part, j’ai souvent dit à mon mari que je détestais fermer les portes, les autres le font très bien pour moi. Je ne pense pas faire preuve de lâcheté et laisser le sale boulot à mon partenaire. Simplement, les fins en bain de sang ne m’intéressent pas.
Je lui ai aussi expliqué que si je revoyais certains de mes anciens amants, peut-être que je replongerais dans leurs bras parce que j’en garde des souvenirs infiniment positifs, même si les ruptures ont pu être particulièrement difficiles. A croire que l’intensité la relation est proportionnelle à la peine éprouvée lors de sa fin.

Pour finir, je résumerai ainsi: je n’aime pas les fins. Je laisse la porte entrouverte aux amants qui m’ont respectée. Même si cette fois, elle ne se ré-ouvrira très probablement pas d’un point de vue charnel, ce dont je suis pleinement consciente, je tiens à garder l’ami, le confident parce qu’on construit obligatoirement des liens en trois ans, et parce que son contact m’est cher. Voilà, un chapitre qui prend fin pour en démarrer un autre.

Pour faire des liens de lectures et pas d’amants, je vous invite à lire:

 

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5 commentaires sur “Les fins n’en sont pas toujours.

  1. C’est étonnant que tu cites ce billet de moi, car deux jours plus tôt je revoyais Thyia (que je n’avais pas vue depuis des mois…) en lui rappelant que j’avais toujours envie d’elle…

    Pour ce qui est du polyamour, je ne crois pas que cela protège d’une rupture dont on ne veut pas…

  2. Peut-on rompre avec une partie seulement d’une personne ?

    S’il est possible de quitter l’amant(e) et de garder l’ami(e), l’inverse l’est-il aussi ? Comment réagirait-on si notre partenaire de longue date nous disait : « Je ne souhaite plus être ami(e) avec toi mais je désire te conserver comme amant(e) ?

    1. Bonsoir, j’aime beaucoup vos questions et je vais tenter d’y répondre.

      Oui, je pense que l’on peut rompre avec une partie d’une personne si les deux personnes sont d’accord pour garder intacte l’amitié qui était présente avant. Mais, c’est difficile certains jours. quand les sentiments sont forts, ils ne s’éteignent pas aussi nettement que ça. C’est peut etre pour cela que les amants se séparent nettement sans jamais se revoir ?

      Non, je ne pense pas que l’inverse soit possible. Il n’y a pas de vrai sexe sans un minimum de sentiment et d’accroche. Nous réfléchissons, nous ressentons et nous ne pourrions pas avoir de relations sexuelles sans envie sauf dans un travail tarifé. Où le besoin d’argent est plus fort que tout le reste.

      1. Bonjour, merci de votre réponse.

        Lorsque la rupture est une décision unilatérale, je pense que celui des deux partenaires qui rompt doit comprendre qu’il rompt également avec une part de lui-même et l’accepter.

        Il ne peut pas demander à l’autre de s’effacer en tant qu’amant(e) et de rester en tant qu’ami(e). Nous ne pouvons pas modifier une relation comme un peintre modifie son tableau.

        https://www.franceculture.fr/cruiser-production/2016/10/931b4cc3-840d-4532-88a7-e1a1c352d323/510_tenativeimpossible.jpg.pagespeed.ce.2v8kh97–y.jpg

        Il y a de la chair dans nos liens et du cœur dans nos désirs, donc inévitablement de la douleur lorsqu’ils se déchirent. L’art d’aimer a la bienveillance pour maître mot, même quand c’est dur, surtout quand c’est dur.

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