DIU cuivre versus Mirena

Mon billet pourrait commencer par « ce jour ou tu fais le mauvais choix », parce qu’il y a 4 ans, j’ai clairement fait un choix idiot pour de mauvaises raisons.

J’avais 36 ans quand j’ai découvert le monde libertin, les sorties entre copains, copines. Et je me suis vite retrouvée confrontée aux problèmes des règles. J’en ai parlé à quelques copines qui prenaient soit une pilule tous les jours, soit qui portaient un stérilet Mirena. A ce moment là, je sortais d’une période sans contraceptif oral, mais nous utilisions le préservatif. Et nous nous en accommodions très bien.
Le problème de la contraception s’est alors posée. Comment se débarrasser de mes règles qui me bloquaient dans mes sorties? Le noeud de mon problème était bien là. Je ne connaissais pas les éponges, je gérais relativement bien avec mon mari. Mais l’envie de ne plus être dépendante de mon corps et de mes cycles grandissait de jour en jour.

J’en ai donc discuté avec ma gynécologue de l’époque qui m’a rapidement prescrit un stérilet Mirena (stérilet aux hormones qui coupent les règles). Posé au cycle suivant, je me sentais nettement plus libre même si je me suis longtemps bagarrée avec un spotting incessant et des règles qui n’ont jamais vraiment disparues. Le bonheur a duré au moins deux ans. Deux ans pendant lesquels les changements sur mon corps ne m’ont pas vraiment choquée. Je retenais surtout que je pouvais baiser comme je le voulais. Puis la troisième année, j’ai peut être été plus attentive à mon corps. J’ai pris conscience de
– La disparition de ma lubrification
– de l’augmentation de mes migraines
– de l’apparition d’un un vrai syndrôme pré-menstruel
– j’ai gardé des règles (si, si ! après des mois de spoting)
– de l’ajout d’une dépression et des crises de larmes intenses et répétées.
– plus 10 kg sur la balance.

A 39 ans, après 3 ans de bons et loyaux services, j’ai pris peur. J’ai eu peur de là où pourrait m’emmener mes SPM et ma dépression. J’ai eu peur de voir augmenter le nombre de masses dans mes seins. J’ai totalement paniqué quand on m’a parlé de biopsie. Cette petite cicatrice, je la regarde encore de temps en temps, et elle m’effraie toujours autant. Alors après avoir subi une violente crise de migraine en juillet dernier qui a précédé des règles juste incroyablement longues, importantes en quantité et douloureuses, j’ai stoppé les traitements médicaux pour les soulager et j’ai décidé de dire adieu à ce que j’appelais mon « cadenas ».
J’en ai longuement parlé à ma doctoresse qui m’a comprise mais qui ne voulait pas contrarier ma gynécologue. Après 4 mois de parlementations, un courrier en poche, je prenais rdv avec la spécialiste –Toutefois, je pense qu’elle a vraiment saisi l’ampleur des dégâts quand elle m’a rencontré quelques jours après en larmes sans raison apparente avec mon mari au supermarché. J’allais avoir mes règles 5 jours plus tard-

J’ai presque 40 ans, je suis comme une enfant devant un adulte au regard réprobateur lorsque d’un filet de voix je sollicite toute la compréhension de ma praticienne pour me délivrer de cet enfer. Cette fois, mon mari m’a accompagnée, je me sens plus forte et rassurée. Après une discussion fort désagréable sur l’instant, pendant laquelle elle fait limite jurer à mon mari de prendre en change et assumer ma contraception, elle me le retire.
« Le voilà, me dit-elle fièrement, vous savez, la plus part reviennent me voir 3 mois après pour en reposer un ! »
Nous savons toutes les deux que les soins sur on utérus sont très douloureux et la pose d’un stérilet très difficile. Je suis sûre de moi, je n’en veux plus.

Voilà le bilan que je fais de ma vie sans Mirena:
– mes migraines ont disparu. Après une très violente crise en juillet 2016, qui me fait dire que prendre des médicaments ne sert plus à rien, elles ne reviendront pas.
– ma dépression a nettement diminué. Je sais que je suis encore très fragile quelques jours avant mes règles mais ce n’est rien comparé à avant.
– j’ai perd 6 kg en 3 mois, mes envies de sucre sont moindre et je le gère mieux.
– mon ventre a nettement désenflé. Mes copines libertines m’en ont parlé sans savoir ce qui avait changé chez moi.
– mes règles sont revenues, et je jongle avec mes éponges, et je peste après ce corps qui saigne et qui m’empêche d’avoir des relations sexuelles tous les jours.
– trois mois plus tard, j’ai fait posé un stérilet au cuivre sous le regard désapprobateur de ma gynécologue qui m’a dit »à dans 5 ans ».
– j’attends la prochaine écho mammaire pour savoir si les masses ont diminué en nombre.
– les cheveux tombent à poignées, je pense que 3 ans d’hormones ne sont pas sans rapport avec leur chute brutale.

Voici ce que je pense de cette contraception et des praticiens qui la pose:
Je pense qu’ils n’ont pas eu assez de recul pour prendre conscience que certaines femmes ne le supportent pas. Je ne leur en veux pas vraiment pour cette raison.
De façon sexiste, ils partent du principe qu’une femme qui n’a plus ses règles leur fichera la paix. Un stérilet c’est 5 ans, 5 ans à ne pas se demander s’il y a un risque de grossesse, une infection … On fait le frottis, ça prend quelques minutes et au revoir madame.
Le droit de prendre la pilule et de gérer notre contraception ne doit pas devenir une autre forme d’enchainement pour nous. Nous devons pouvoir changer de contraceptif quand nous sentons que nous perdons pied et une santé stable. Notre corps nous appartient.
Aujourd’hui, de nombreuses femmes dénoncent le stérilet Mirena, comme on dénonce la méthode Essure de contraception définitive. Or les médecins refusent de croire leurs patientes. Si vous leur dites que vous utiliserez à nouveau le préservatif, ils refuseront ou pesteront pour retirer le stérilet qui a proposer une contraception définitive.
Les solutions de facilités médicales ne sont pas toujours les bonnes pour nous. Comme me l’avait dit mon ostéopathe quelques jours après la pose du Mirena: » Tu as fait une bêtise, ce stérilet est une catastrophe ». Il avait raison.

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5 commentaires sur “DIU cuivre versus Mirena

  1. Il est infernal que les praticiens ne proposent pas clairement toutes les options, avec leurs avantages et inconvénients, et se permettent par dessus le marché de juger et de prononcer de tels mots. De tout coeur avec vous.

    1. C’est malheureusement le cas de beaucoup d’entre eux. Mais pour eux, les paroles ne sont pas graves, sauf que les patientes réagissent intérieurement très violemment.
      Des violences médicales, j’en aurai des masses à raconter.

  2. Le diaphragme est aussi une bonne solution de contraception, notamment pendant les règles. Je refuse toute forme d’hormones et mes règles sont trop douloureuses pour le stérilet en cuivre. Le diaphragme, je l’ai adopté!

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