Histoire de cordes

« Vis chaque moment comme si c’étaient le dernier ». Ces quelques paroles résonnent en moi depuis quelques jours. Je crois que tu as raison et désormais, je les vivrai ainsi. Fini de me retenir, fini de refuser les occasions de m’amuser juste par peur de froisser les autres.
Le mieux: garder le silence, garder au fond de moi ce que je vis, pourquoi et comment. Ca ne me ressemble pas parce que je vis, je parle, je pleure, je crie, je ris, je communique beaucoup.
Seuls ceux qui savent comprendront …

Cette journée harassante est achevée, je rentre du travail, je m’effondre sur le canapé cherchant un moyen de la finir de façon sympathique. Je pense à ces rencontres auxquelles j’ai renoncé ces derniers mois et je suis prête à proposer un verre à certains de mes contacts perdus. J’allume mon ordi et par magie une invitation tombe. J’accepte sans réfléchir. En parallèle, je reçois un message féminin m’engageant à passer une bonne soirée. Je mets quelques minutes à comprendre ce qui se passe et je souris ;). Tout est clair pour tout le monde, je vais même les voir tous les deux. Je me sens à la fois de trop mais je suis tellement contente de mettre un visage sur des pseudos que je ne renonce pas.

Je préviens mon mari et je me précipite dans la salle de bains. Une longue douche après, j’enfile rapidement une jupe, puis une autre et encore une autre. Faut-il être si indécise pour ne pas savoir comment s’habiller ce soir. Finalement, je choisis une jupe rouge, un haut noir ouvert dans le dos.

Dès que mon mari arrive, je me saisis de l’objet de sa course, et je pars en trois minutes de la maison. Un « Tu sors encore maman » me rappelle que cela fera deux fois en 5 jours. « oui ma chérie, je t’aime », ma réponse est courte et sans appel. Cette fois, je me lance. Je veux savoir, je veux le découvrir.

Trente minutes plus tard, je me trouve face à un inconnu, grand mince et séduisant. La gêne est présente. Nous en sommes totalement conscients. Nous nous jaugeons toute la soirée. Tous les deux sur la retenue, nous ne savons pas trop où aller. Mais, je dégage certainement cette envie d’être contrainte. « Tu en as envie » me dit-il, j’avoue qu’à ce moment là, je suis encore partagée. Je lui explique qu’il ne faut pas me laisser le choix ou je m’enfuirai à coup sûr. Quelques mots qui ont fait mouche. Je n’ai nullement envie de me laisser faire, la danse commence. Les cordes volent, je bénis ce fauteuil sur lequel je me repose quelques secondes pour reprendre mon souffle, je déteste ce genou qui me plaque au sol, j’ai mal, je peste, je ne cède pas pour autant. Mais j’aime tellement ressentir l’étau des cordes se resserrer sur moi que je lutte, je lutte jusqu’au bout. Une fois attachée au pieds de l’escalier, j’entends ces paroles « tu acceptes maintenant, tu reconnais ta position », et bien non, même si je suis attachée, je suis loin d’être dominée. Pour moi, c’est l’étape au dessus. D’ailleurs, je ne serai pas dominée ce soir là, ni par toi, ni par la délicieuse créature qui passera la porte quelques heures plus tard ;). Une autre fois peut être …

 

 

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