Avilissement, fantasme ou réalité.

L’avilissement me transcende. 

Une heure et demi de route pour le rejoindre. Je ne le connais pas, mais je suis quasi certaine que le courant passera et même s’il ne passe pas, j’ai toutes les chances de passer une bonne soirée de bavardages. La nuit m’enveloppe, trente minutes après mon départ, mon GPS tombe en panne alors que je me dirige vers une ville que je ne connais pas du tout. Pendant près d’une heure, mon mari me guidera par téléphone pour arriver à bon port. J’avoue que j’ai maudit mille fois Google Maps d’être tombée en panne ce soir là.

Il est en déplacement pour quelques jours, je suis libre. Je me suis préparée au mieux ne connaissant pas du tout ses goûts. Une jupe, des bas, une paire de bottes et une tunique recouvriront mon corps ce soir là. Quand je pénètre dans l’entrée de l’hôtel, j’espère rencontrer mon hôte. Malheureusement pour moi, il est installé dans le bar restaurant à quelques mètres de là. Je patiente, j’essaie péniblement de trouver un peu de réseau téléphonique quand j’entends derrière moi une voix masculine qui m’appelle. Je suis rassurée, et je le suis pour bavarder et faire connaissance autour d’un verre.

Nous devisons sur nos professions, nos familles, nos marottes. Et après quelques paroles échangées, mon futur complice repousse son verre de vin blanc à peine entamé pour m’inviter à découvrir sa chambre d’hôtel. Le programme est fluide. Il y aura assurément des cordes et de la musique. Comme, j’ai tendance à tester mes partenaires attacheurs, je décide de me montrer docile pour cette fois et je le laisse me ligoter à loisir. Les cordes glissent, et me serrent avec fermeté. Il m’avait prévenue que les miennes semblaient peu serrées sur les photos. Je l’avais pris au mot de faire mieux lors de notre rencontre. J’avoue que j’ai été prise à mon propre jeu. Ces cordes là, intimaient l’ordre et le calme. J’ai pris plaisir à me laisser envahir par son parfum, à ressentir tout l’érotisme des gestes, j’ai apprécié le compliment sur ma lingerie. Puis à la fin, il m’a piqué au vif en me faisant remarquer qu’il s’attendait à une femme plus remuante.

Nous sommes donc repartis vers le bar pour prendre un second verre et des forces. Ce parfait gentleman a vite compris dans la conversation que nous aurions plus aller plus loin et dépasser l’érotisme pour un jeu de cordes plus orgasmique. Nous avons hésité quelques minutes, puis d’un filet de voix, il m’a invitée de nouveau à ne pas remettre à demain ce que l’on pouvait faire le soir même. En quelques pas, nous avions traversé la cours de l’hôtel. Lui adossé au mur de la chambre, sexy au possible les cordes dans les mains et moi tout à fait décidée à ne pas me laisser faire. Je pense que les voisins de chambre nous ont maudit mais personne n’est venu frapper à la porte. Peut-être épiaient-ils simplement, les râles et les soupirs de deux beaux diables qui chahutaient tantôt sur le lit, tantôt à ses pieds.
C’est ainsi, que je me suis retrouvée totalement écartelée, les quatre membres attachés aux quatre pieds du lit. La pression des cordes étaient intense et visible. Quelques mots glissés à mon oreille m’ont permise de trouver la volonté de m’y habituer et d’oublier la douleur pour profiter du plaisir. Envahie par la musique, par les caresses des mains qui prenaient possession de mon intimité, puis du froid du plug qui me pénétrait, je me suis doucement laissée aller entre gémissement et jouissance. J’avais un démon entre les cuisses, puis entre les lèvres, puis encore entre les lèvres… Chaque geste mesuré m’amenaient vers un autre espace. Tout venait naturellement. Tout est venu naturellement, jusqu’au moment, ou j’ai senti un liquide chaud couler sur ma joue et dans mes cheveux.
A nouveau la voix résonna « je te laisserais bien ainsi encore un peu, mais la couleur de tes mains ne me plait pas ».  J’avoue que j’aurais aimé restée souillée encore quelques instants ainsi, la jupe relevée, le sexe au jour, sans pouvoir me mouvoir. Mais on ne décide pas toujours 😉

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