Un pas de deux. (Fiction)

Deux pendants d’oreilles lui ceignaient le visage, elle repoussait une boucle brune derrière son oreille alors qu’elle sentait le vent glacé lui frapper le visage. Après une longue route dans la campagne, elle approchait d’une immense demeure entourée d’une sombre forêt. Habillée d’une jupe mi longue, petit débardeur noir plongeant dans le dos, elle s’était préparée pour une soirée particulière. Au volant de sa petite Fiat bleue nuit, elle s’était frayée un chemin jusqu’à l’entrée de service de la maison. Avant de pénétrer dans le logis, elle jeta un coup d’oeil vers l’entrée principale. Elle apercevait quelques couples sortant de somptueuses berlines noires. Accompagnées d’hommes d’une élégance rare, les femmes avançaient sûres d’elles la tête légèrement penchée vers le hall d’entrée.
Blandine les croiseraient dans la soirée. Elle s’en doutait. La semaine précédente, elle avait répondu à une annonce dans un journal

 » Cherchons jeune femme élégante, raffinée et docile
ayant de l’expérience dans le service.
Nous contacter par mail, références sérieuses exigées. »

À la fois excitée et angoissée, elle sentait des picotements lui parcourir l’échine. Elle frappa à la porte trois fois. La femme qui lui ouvrit, était vêtue d’une toilette raffinée et distinguée. L’homme, qui la précédait, portait un élégant smoking noir. Tous les deux se comprenaient d’un regard et souriaient à Blandine. Les présentations furent rapides. Blandine déclina son identité, son âge fut vérifié, elle fut conduite dans une petite pièce légèrement éclairée. Le velours rouge des fauteuils lui donnait une ambiance intensément cosy. Elle déposa fébrilement ses vêtements sur l’un deux et suivit les instructions que son hôte lui avait donné. Nue, elle se dirigea vers la salle de bain attenante pour se rafraichir. Elle resta longuement sous le jet d’eau chaude pour se détendre. L’anxiété qui la tenaillait ne baissait pas d’intensité. Bien entendu, elle savait servir, elle était formée pour répondre aux exigences de la clientèle la plus pointue mais jamais elle n’avait été missionnée pour servir lors de « soirées intimes ». Les derniers mots d’Antoine résonnaient dans son esprit.
Inspirant longuement, elle sortit de la salle de bain et se mit à chercher son sac de voyage. Elle y avait rangé tous ses vêtements pour la soirée, ses chaussures les plus confortables et son petit tablier blanc. Elle se préparait à un très longue soirée intime. Elle chercha en vain quand elle posa son regard sur la petite table basse qui se dressait sans le petit salon rouge. En quelques pas, elle s’en approcha, tendit la main vers une boite d’un rose tendre. Le papier crépon cachait une très belle robe noire d’un latex extrêmement fin. Elle la sortit délicatement de la boite, vérifia la taille qui convenait parfaitement. Sous la robe, étaient cachés des bas et un très joli porte-jaretelles en dentelle. En un mouvement, elle laissa glisser la serviette qui protégeait son corps, puis elle entreprit de s’habiller. Pour la première fois, elle porterait une tenue imposée et tout à fait indécente. Dans la logique, elle devrait trouver des chaussures assorties près de cette robe. Elle se mit à genoux, et distingua une petite boite noire glissée sous la table.
« Parfait, vous êtes prête » entendit-elle derrière elle. Elle se releva d’un geste brusque, se cogna légèrement la tête contre la table et étouffa un juron dans un hoquet.
« Bien essayez vos chaussures, continuez » poursuivit Antoine, souriant, la main gauche glissée négligemment dans la poche de son veston.

Blandine le fixait, surprise quand elle sortie la paire de chaussures. Comment pourrait-elle marcher avec de tels botillons aux pieds.
« Ne vous inquiétez pas, vous ne souffrirez pas de la station debout prolongée. Vous serez magnifique à quatre pattes », à ces mots, il étouffa un petit rire. La jeune femme au tient diaphane qui se tenait devant lui avait perdu le rose de ses pommettes et semblait tellement interloquée, qu’il lui sembla normal de la rassurer.
« Le sol est prévu pour cela …, suivez moi, je vous prie. » Il l’emmena dans une autre pièce, éclairée par des centaines de bougies. La table était dressée, les invités arrivaient les uns après les autres. L’ambiance était étrangement feutrée et délicate. Blandine observait les couples. Les hommes élégants, les femmes fabuleuses, le cou ceint pour la plus part d’un collier de cuir noir. Elle compris à ce moment la teneur de la soirée.

Lentement, elle se dirigea vers les cuisines, elle enfila ses bottines, se mis à quatre pattes, et attendit docilement, qu’on lui indiqua sa mission. Le bruit et les lumières des néons l’étourdissaient. Les odeurs délicates des mets prochainement servis l’enivraient. En quelques secondes, elle se retrouva affublée d’une laisse tenue par un homme d’âge moyen qui lui semblait immense. Un plateau dans la main droite, il la dirigeait de la main gauche. Il lui fallu quelques mètres pour dresser sa chienne son pas. Blandine apprenait vite. D’une extrême régularité, elle cala son pas à celui qu’elle accompagnerait toute la soirée. Elle ne servirait aucun plat pendant la soirée, mais elle servirait d’apparat. Elle serait parfaite, silencieuse, à l’écoute. Il lui suffirait de patienter. Peu à peu, elle se détendit. L’entrée, puis le plat servi, les invités se dispersèrent dans les différentes pièces de la demeure.
Elle pensait pouvoir s’échapper le plus rapidement possible quand Antoine glissa quelques mots à l’oreille de son guide. Blandine avait été appréciée pour sa délicatesse, sa démarche féline et délicate et le magnifique Rosebud qui mettait en valeur son séant. Certains Maîtres avaient sollicité Antoine pour l’inviter à participer à la suite de la soirée. Son guide l’emmena dans le petit bureau d’Antoine, la remercia pour son implication dans son rôle et la salua. Elle s’assit sur une des chaises, se libéra de ses botillons et sursauta au grincement de la porte du bureau. La compagne d’Antoine entra, souriante.
-« Merci Blandine, vous avez été parfaite. Antoine et moi sommes tout à fait satisfaits de votre prestation. Nous souhaiterions que vous restiez pour le service de la nuit, mettez ces escarpins et suivez moi, cette fois vous marcherez, mais nous vous demandons la plus grande confidentialité quant à ce que que vous verrez ».

Surprise et épuisée, Blandine réfléchit quelques secondes et accepta. Elle souhaitait connaître l’envers du décors. Dans le grand salon, elle avait perçu quelques bruit de claquement sans pouvoir les identifier. Elle suivit son hôtesse, un plateau à la main. Altière, beaucoup plus sûre d’elle campée sur ses deux pieds, elle proposa du champagne à ses hôtes une partie de la nuit. Pendant ce temps, les femmes s’étaient dévêtues. Leurs Maîtres les caressaient fébrilement, elles étaient divinement désirables. Tantôt agenouillées à leurs pieds, tantôt, attachées à leurs pieds, elles semblaient perdre conscience et le fil du temps. Blandine poursuivit sa tâche quand elle s’arrêta dans une pièce sombre. Une magnifique croix éclairée habillait élégamment la pièce. Une jeune femme y était attachée, les bras en l’air, les jambes ostensiblement écartées, elle gardait une stature droite et fière. Derrière elle, son Maître saisissait deux magnifiques martinets de cuir et se dirigeait vers sa soumise. La jeune serveuse cessa de respirer. Les coups de martinets rougissaient les fesses de la jeune femme puis cinglaient plus doucement ses épaules et ses cuisses. par intermittence, il se rapprochait d’elle et lui marmonnait quelques mots à l’oreille. Elle hochait la tête puis il reprenait son ouvrage avec application.
Après quelques longues minutes, il s’entretint avec un autre homme, ce dernier tenait un immense fouet dans la main. Elle reconnu immédiatement Antoine. Il s’approcha de la jeune femme, fit glisser le fouet le long de son dos. Blandine pouvait ressentir ses frémissements, elle recula de quelques pas accompagnée par le Maitre de la future victime. Le sifflement du fouet lui coupa le souffle. La main du Maitre se posa sur son bras et l’apaisa immédiatement.
– « Compte » lui demanda Antoine.
La jeune soumise compta jusqu’à 10 dans un filet de voix. Elle se noyait dans les sensations de douleur et d’acceptation. Elle souhaitait qu’Il soit fier d’elle. Il souhaitait qu’elle savoure ce moment. Quand Antoine quitta la pièce, il prit le bras de Blandine et lui indiqua le chemin du petit salon rouge. Ils traversèrent une nouvelle pièce, dans laquelle, se trouvait encagé un homme qui observait attentivement les moindres gestes de la Domina qui le surplombait de ses talons vertigineux. Elle fessait avec adresse une autre fille penchée sur ses genoux. Les râles féminins se transformaient doucement en soupirs puis gémissements. D’une main, la Domina glissait un pouce entre les lèves entrouvertes de la jeune femme, de l’autre, elle la pénétrait d’un geste assuré. La jeune femme perdait visiblement la raison, entre plaisir et douleur. La petite serveuse se sentit couler. Les yeux rivés sur le soumis et la magnifique créature qui jouissait devant ses yeux.
« Elle a été très sage », lui glissa Antoine d’un air mutin.
Pendant ce temps, les invités prenaient congé un à un, saluant leur hôtesse. Antoine conduisit définitivement Blandine dans le petit salon rouge. Il la laissa brûlante et avide. Elle était moralement épuisée par ce service un peu spécial mais physiquement embrasée parce qu’elle avait observé. Sans hésiter, elle accepta de revenir le samedi soir suivant. Peut-être sentirait-elle, elle aussi un jour le fouet d’Antoine.

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